L’école inclusive reste la priorité absolue, réaffirme le président de la République Emmanuel Macron lors de la conférence nationale du handicap qui s’est tenue il y a quelques jours, le 11 février 2020. De fait, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire augmente chaque année. Mais l’inscription seule ne suffit pas pour un élève aux besoins spécifiques. Dans le département de l’Isère, ils sont une trentaine d’élèves déficients visuels privés de leur enseignement de braille…

Les enfants non-voyants ou malvoyants suivent pour la plupart une scolarité dans leur établissement de proximité. L’accompagnement de ces élèves mobilise des compétences pédagogiques très spécifiques qu’il est nécessaire de déployer au plus tôt, dans une perspective d’autonomisation de ces jeunes. L’apprentissage du braille par exemple nécessite une prise en charge intensive pour assurer une maîtrise des notions et des outils techniques indispensables à la poursuite de leur scolarité (lecture, outils numériques, représentation dans l’espace, dessins en relief…). Ce soutien pédagogique doit être assuré par des enseignants spécialisés de l’Education Nationale mis à disposition dans des services médicaux-sociaux de proximité.

Sauf que dans l’académie de Grenoble, le manque en enseignants spécialisés dans le suivi de jeunes élèves déficients visuels est un marronnier. L’ANPEA avait alerté en 2017 Madame Viviane Henry, inspectrice d’académie, sur le préjudice causé aux élèves déficients visuels scolarisés sur son territoire faute d’un nombre suffisant d’enseignants*. Cette première alerte est restée sans réponse.

En 2019, la situation s’aggrave : cette même inspectrice valide en cours d’année le départ du seul enseignant spécialisé intervenant au primaire et secondaire. Depuis, plus rien. Le poste est resté vacant, malgré l’inquiétude des parents, des professionnels, des élèves eux-mêmes. Nous n’avons toujours aucune réponse à notre deuxième courrier envoyé en novembre 2019.

Pour des élèves déficients visuels, l’absence d’un accompagnement par un enseignant spécialisé est gravement pénalisant : c’est comme aller à l’école sans stylo ni cahier ! Combien d’enfants dans ce département faut-il encore sacrifier pour que des mesures soient prises et que leur droit à une scolarité de qualité soit respecté ?

 *Selon le référentiel de qualité élaboré et édité en 2016 par la Fédération des Aveugles de France, il devrait y avoir en Isère au moins 4 enseignants spécialisés : http://www.aveuglesdefrance.org/sites/default/files/2016-10/R%C3%A9f%C3%A9rentiels_qualit%C3%A9.pdf

Télécharger le communiqué de presse