association nationale des parents d’enfants aveugles ou malvoyants, avec ou sans handicaps associés

Vidéo: Illustration tactile et expérience haptique

En avril 2020, en plein premier confinement, Danyelle Valente, maître de conférence à l’université Lumière Lyon II et chercheuse associée à l’université de Genève, sur la chaîne youtube de la revue Anae (Approche neuropsychologique des apprentissages chez l’enfant). Cette vidéo d’un peu plus de 6 minutes propose aux parents des pistes de jeux autour de l’exploration sensorielle pour les enfants aveugles et malvoyants.

Cette vidéo est tout particulièrement intéressante car elle explique ce qu’est le sens haptique, qui est en oeuvre, chez tous mais particulièrement utile pour les enfants qui n’ont pas la vue pour explorer le monde et les objets. Le sens haptique c’est la perception des différentes propriétés d’un objet par une exploration manuelle.
C’est ce sens qui est à l’oeuvre quand votre enfant explore une illustration à toucher.

Danyelle Valente travaille tout particulièrement avec la maison d’édition Les doigts qui rêvent pour la conception des illustrations tactiles qui sont à la croisée des domaines de recherche du design et de la psychologie. Un exemple d’un livre vous est donné à la fin de la vidéo.

Quelles activités ludo-éducatives tactiles proposer aux enfants déficients visuels et voyants ? par Danyelle Valente

Jeanne et Jessica: une bibliothèque pleine à craquer…

Jeanne et Jessica: une bibliothèque pleine à craquer…

Jessica est administratrice au sein de notre association l’ANPEA, elle a accepté avec sa fille Jeanne de nous parler de leur lien à la lecture. Jeanne a 8 ans et a perdu la vue à l’âge de 2 ans. Elle est aujourd’hui une grande « dévoreuse de livres ».Jeanne, 8 ans et aveugle est en train de lire un livre en braille

 

Témoignage de Jeanne :

J’adore lire. Quand je lis un livre je m’imagine dans la peau des personnages et du coup ça me fait vivre plein d’aventures. Ce que je préfère ce sont les livres drôles et d’aventures. Je viens de lire « Les enfants de la pleine lune » car je suis abonnée à j’aime lire max et j’ai beaucoup aimé !

Je préfère lire les livres sur papier que sur ordinateur parce que ça fait moins de bruit. J’adore aussi les histoires audios. Je crois que je pourrais écouter des histoires toute la journée.

Couverture du livre Bébé Lézard bébé bizarreEn grandissant j’ai moins besoin de lire des livres à toucher, enfin comme mon grand frère quoi ! Il ne lit plus beaucoup de livres illustrés ! Eh bien moi c’est pareil ! Par contre j’ai toujours mes livres de petite fille parce que quand ma cousine de 3 ans vient à la maison et bien je peux lui raconter les histoires que j’ai préférées ! La dernière fois je lui ai lu «bébé lézard, bébé bizarre», elle a beaucoup aimé toucher les différentes peaux d’animaux.

 

 

Témoignage de Jessica, sa maman :

Maman de deux enfants, la lecture a une place importante dans notre quotidien. Ma fille Jeanne a seulement quelques mois lorsque je lui conte son premier livre. Nous découvrons ensemble les jolies illustrations de la littérature enfantine. Lorsqu’elle perd la vue à l’âge de 2 ans je me trouve démunie face à ces ouvrages tellement visuels que l’on propose aux jeunes enfants.

Comment Jeanne peut-elle avoir accès à la lecture ? Peut-elle avoir une bibliothèque aussi fournie que son frère ainé ? Avec quels types de livres puis-je satisfaire sa curiosité ? Bien sûr je peux toujours lui lire les livres pour enfants classiques mais ce n’est pas suffisant….

Couverture du livre Petit duvetIl faut qu’elle découvre autrement. Après quelques recherches je commande des livres tactiles chez des éditeurs spécialisés. Le premier livre à toucher que nous recevions est « Petit duvet », l’histoire d’un poussin qui cherche sa maman. Jeanne est tout de suite sous le charme de ce bébé animal et adore danser aux rythmes des comptines du CD accompagnant l’ouvrage. Dès lors je comprends que es illustrations visuelles auxquelles elle n’a plus accès seront compensées par les images tactiles, les bandes sonores et bien sûr ces moments de lecture partagée !

Au fil de ces dernières années j’ai essayé de lui proposer le maximum d’ouvrages pour qu’elle puisse avoir le choix : livres tactiles, CD audios, abonnements à des revues… Aujourd’hui âgée de 8 ans la lecture a une place considérable dans son emploi du temps. Elle lit beaucoup de livres en autonomie mais apprécie également quand on lui lit une histoire. En ce moment « Le clan des chats » raconté par son papa n’a plus de secret pour elle !

Et je peux vous garantir que sa bibliothèque est pleine à craquer !

L’interview de Régine Michel Stevens: La lecture, un trésor pour la vie!

Régine Michel Stevens a consacré de longues et riches années à travailler sur l’accès à la lecture et à l’écrit pour les enfants déficients visuels. Elle a été à l’origine de la maison d’édition Benjamins Média, puis a coordonné le projet Prélecture / Langage / représentations. Elle a accepté de répondre à quelques questions… Merci à elle!

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Photo de Régine Michel Stevens

Je suis née à Bruxelles en 1957. J’ai d’abord étudié les langues anciennes (latin et grec), cela m’a passionnée et dès 13 ans ma quête était de découvrir l’origine des mots(!) Si je vous en parle c’est que cela ne m’a jamais quittée et a orienté toute ma vie professionnelle, même si aujourd’hui je formulerais plutôt la question qui me meut comme «Qu’est-ce qui fait langage ?»
Après un détour par les sciences aux États-Unis, je me suis formée à la création radiophonique. En 1987, avec une équipe pluridisciplinaire, j’ai fondé l’association Benjamins Media, un lieu dédié à la création sonore pour les jeunes enfants, voulant relier le développement de l’écoute et les prémices de la lecture.

 

Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à la lecture pour les enfants déficients visuels ?

A 23 ans, j’ai rencontré celui qui deviendrait mon époux, un homme joyeux, dynamique, et aveugle de naissance. Les questions qui émanaient de nos perceptions sensorielles différentes nous ont toujours nourris. Moi, je continuais à  me passionner pour le développement de l’écoute et l’éveil au monde des récits chez les enfants. Milieu des années 80 c’était la popularisation du concept de « lire avant de savoir lire», porté de façon assez avant-gardiste par les équipes de Bayard Presse Jeune avec la création de Popi. En même temps, je découvrais à la maison l’impossibilité pour une jeune papa aveugle de trouver des outils pour lire des histoires attrayantes à ses jeunes enfants (à l’époque on trouvait au mieux les Fables de  La Fontaine ou Le  Petit Prince…rien de  très adaptés à lire à  des petits ! ).

Grâce à plusieurs rencontres, j’ai pu inaugurer à Benjamins Media le développement d’une collection pour les 4-7 ans autour d’un triple support : livre illustré, transcription braille, cassette (puis CD). Je veillais à ce que le support sonore soit très travaillé et esthétique, (qualité des voix, bruitages, choix des musiques) dans le but d’amener des images à l’oreille des enfants qui ne pouvaient voir les illustrations et de susciter une écoute active. Ce triple support pouvait être utilisé en famille/fratrie, un parent brailliste pouvait lire à son enfant, voyant ou non.
Un enfant aveugle pouvait, avant de savoir lire, profiter d’un enregistrement audio vraiment pensé pour lui. Cet éveil de l’écoute stimule son attention au récit oral structuré, précurseur des apprentissages de la lecture. Lorsqu’il apprend à lire/écrire, (en noir ou en braille) l’enfant a ce bagage d’une collection d’histoires déjà familières. Grâce à un accord avec Bayard Presse nous avons pu adapter au départ une série des Belles Histoires de Pomme d’Api – accord non commercial, prévu pour un nombre limité d’histoires et une diffusion confidentielle auprès des familles concernées.
Puis les organismes qui nous subventionnaient nous ont conseillé d’aller vers l’auto financement, en vendant aussi au public tout venant. Cela nécessitait juridiquement  de travailler à partir d’inédits, donc de devenir éditeur. Nous l’avons fait à partir de 1998, et  c’était pour une si petite association embrasser un lourd métier : mener d’un bout à l’autre  la totalité de la création de chaque livre, avec une énorme part requise par le visuel et le juridique. Beaucoup de disponibilité que j’aurais préféré consacrer à l’évolution  d’un support encore plus adapté aux enfants déficients visuels.

 

Vous avez été à l’origine du projet PLR, pouvez-vous nous le présenter ?

En échangeant avec les parents, j’ai toujours été stimulée à améliorer la qualité et la pertinence de ce que je pouvais proposer. En 2006, j’ai lu le rapport très étayé de l’Institut Nazareth Louis Braille (Québec) sur Le développement de la conscience de l’écrit  chez l’enfant aveugle de 0 à 5 ans. J’y ai vu confirmées nombre de mes intuitions. Par ailleurs, j’avais de plus en plus conscience qu’il ne suffisait pas de donner à lire un texte à un enfant déficient visuel pour le lui rendre accessible. Les albums fourmillent d’expressions qui font sens pour des enfants voyants : le texte est souvent explicité par une illustration visuelle riche et nombre de concepts évoqués leur sont familiers, grâce à tout ce qu’ils ont vu, dans la vie, dans les livres, à la télé… Mais si je lis à un enfant déficient visuel « L’oiseau  a survolé la rivière », ou « Tricoter une écharpe pour une girafe, c’est long », ou  « Le lapin était caché par le tas de bûches », je peux me demander si cet enfant a eu l’occasion de construire des représentations suffisantes de ces situations pour que ces phrases lui parlent et fassent sens.  A-t-il déjà touché un oiseau, que sait-il de son vol, à quoi ressemble une girafe, comment le lapin est-il caché par le tas de bûches (notion très visuelle…) ?

En 2008, la Fédération des Aveugles de France voulait développer son action dans le domaine éducatif. Je lui ai proposé un vaste projet pour les enfants pré-lecteurs ou lecteurs débutants, qui prenne en compte l’éveil de la conscience de l’écrit mais aussi la construction des représentations. Nous avons  sollicité toutes les MDPH et Conseils Généraux pour recenser l’existant  dans chaque département. Le résultat fut clair : il y avait toutes les raisons de se mettre au travail. La FAF m’a alors confié la conception et le développement du projet Pré-lecture/langage/représentations. J’ai dès lors suscité et coordonné un travail pluridisciplinaire (psychomotriciennes, orthophonistes, éducatrices de jeunes enfants, psychologues, orthoptistes…) en partenariat  avec plusieurs services spécialisés.

Nous avons commencé par créer, autour de textes de littérature enfantine, des outils: les mallettes pédagogiques, conçues pour une progression dans l’univers du récit, à travers sa lecture, mais aussi à travers l’exploration d’objets, des mises en situations, écoutes et interrogation du sens du texte, discrimination d’univers sonores,… à travers une série d’ateliers, d’abord expérimentaux, observés, filmés, puis reproductibles pour d’autres groupes. Le projet comportait un volet de mutualisation à travers des journées d’études  et un mini site internet. Il y a eu aussi un volet recherche, mettant  en lien les acteurs du terrain et des chercheurs en psycholinguistique, en psychologie du développement. La recherche-action menée avec le CTRDV de Villeurbanne et  l’Université de Lyon  a été particulièrement intéressante.

 

Une anecdote à partager ? Un moment marquant dans ce projet ?

A Marseille, un temps d’observation avec une toute petite fille totalement aveugle. Elle a moins de 4 ans, calme, attentive, réservée.  Je lui fais écouter un enregistrement de sons produits par divers objets (flûte, voiture à friction, clochette, ciseaux…) et je lui propose de retrouver chaque fois dans une boite l’objet correspondant. Tout à coup, elle tourne la tête, oriente son audition autrement et me dit : « Régine, écoute : une ambulance ! » En effet, en contrebas dans la ville on entendait la sirène d’une ambulance.  Je la félicite pour avoir repéré ce bruit. Puis  je laisse un petit silence avant de reprendre l’exercice. Mais  dans ce silence elle demande : « Régine, c’est quoi une ambulance ? »

J’ai trouvé cela très touchant :  ce retour sur une identification. Cette petite fille a pu exprimer qu’elle savait et qu’elle ne savait pas. Sans doute avait-elle déjà entendu cette sirène et lui avait-on dit « C’est une ambulance », mais ici, après un temps d’arrêt, elle se rend compte qu’elle sait le nom de quelque chose qu’elle ne connaît pas. Alors, à mon tour de me questionner : sans image à lui faire voir, quelles informations vais-je choisir de lui donner pour l’aider à construire et enrichir sa représentation de l’ambulance (à quoi ça ressemble, à quoi ça sert, …) sans la surcharger ? Il y a tant d’angles possibles pour définir un mot !

Sa question est pour nous une vraie leçon de pédagogie.

Quels enseignements avez-vous tiré de ce travail autour de la lecture pour les enfants aveugles et malvoyants ?

J’ai eu la chance d’observer de nombreux ateliers, d’enregistrer les retours de récits des enfants…

Cela m’a confirmé combien il est vital pour les enfants de pouvoir se projeter dans des récits.

J’ai vu les fruits de la bienveillance : j’ai vu beaucoup d’enfants se transformer au fil de ces ateliers, exprimer de plus en plus de curiosité, se risquer davantage dans les échanges. Selon une très belle formulation de L. Cicalini, psychomotricienne à Marseille, nous pouvions voir se développer  dans le groupe « la qualité d’attente de l’expression de l’autre ».

A la fin de la série d’ateliers, chaque enfant emportait, adapté à sa lecture/vision le livre de l’histoire explorée ensemble pendant plusieurs mois. J’étais chaque fois frappée par la joie ineffable procurée par ce livre, fierté et promesse d’échanges dans sa famille, dans ses cercles de vie.

 

Un conseil à retenir pour les professionnels qui se lancent dans l’aventure ?

Je repartirais de  la situation de la petite fille évoquée  plus haut.

Imaginez combien en classe/groupe,  au milieu de gens qui voient, il est difficile à un enfant déficient visuel d’interroger sur quelque chose que tout le monde semble connaître!
Écoutons ces enfants, valorisons leurs questions. Apprenons à  parler les langages de la texture, de la forme, de la sonorité, de la localisation précise. Donnons à explorer quand c’est possible, prenons le temps de leur donner la parole…
C’est une attitude d’une grande exigence, qui nous demande de nous décaler de nos façons habituelles de voir, décrire, désigner…

 

et pour les parents ?

Lisez des histoires à votre enfant, qu’il ne sache pas encore lire ou qu’il sache déjà lire tout seul, lisez-lui encore, écoutez ses réactions, partagez avec lui le plaisir de ces moments où vous êtes là pour lui.

Vous lui offrez un trésor pour la vie !

Retrouvez l’interview de Christine Lyneel, l’une des animatrices du projet PLR, Prélecture-langage-Représentations.

L’Association Bibliothèque Braille Enfantine

L’Association Bibliothèque Braille Enfantine

Logo ABBE

Un peu d’histoire…

Dans les années 80, l’école Parmentier située dans le 11ème arrondissement de Paris accueille des élèves déficients visuels en Classe pour l’inclusion scolaire ( CLIS). Trois enseignants les accompagnent; parmi ces enseignants,  Mme Olga D’Amore qui est enseignante spécialisée non voyante, elle est toujours la présidente de l’association actuellement. Ils font le constat de manque de littérature « loisirs » pour ces enfants, et font le pari de commencer à adapter des ouvrages. Une association est créée, au bout de quelques années de fonctionnement, et le fonds augmentant, il est décidé de proposer ces ouvrages en prêt sur toute la France.

Au fil des années, l’association a évolué et à continuer de s’agrandir tant en terme de locaux, de bénévoles et de nombre d’ouvrages à proposer. L’association a aussi suivi les évolutions techniques et proposent par exemple désormais des ouvrages numériques en téléchargement.

L’association oeuvre chaque jour pour ses valeurs: « La lecture en partage », « Rêve et connaissance », « Partage et transmission », « Sensiblisation et intégration ».

 

Aujourd’hui, que propose l’association pour vous et votre enfant?

 

Où que vous soyez en France, vous pouvez emprunter des documents parmi les 7000 qui composent le catalogue.Petites mains d'enfant lisant un livre de l'Association Bibliothèque Braille Enfantine

L’envoi et le retour des livres se fera gratuitement dans des valises adaptées grâce à la franchise postale pour les personnes déficientes visuelles.

  • Ce prêt nécessite une adhésion de 36 euros pour les particuliers.
  • Vous pourrez emprunter 6 livres pour 1 mois.
  • Ces livres sont destinés aux enfants de 4 à 12 ans.
  • Ils sont adaptés en face à face: braille d’un côté et gros caractère avec les illustrations d’origine de l’autre.
    Pour les très jeunes enfants, certains livres ont des illustrations en relief.

Accès au catalogue: https://abbe-asso.fr/recherche-simple/

Accès au bulletin d’adhésion: https://abbe-asso.fr/bulletin/

Accès au site de l’association: https://abbe-asso.fr/
https://abbe-asso.fr/​

Vous êtes un professionnel ? Vous travaillez en établissement spécialisé ou en bibliothèque?
Une adhésion et des conditions spécifiques de prêt vous sont proposées.

 

 

 

Des maisons d’éditions spécialisées ?

« Si vous pouvez parfois trouver des livres dans le commerce qui conviennent à votre loulou, vous en trouverez quelques uns au fil de nos publications sur ce blog, il faut savoir que trois maisons d’éditions spécialisées existent en France qui publient des livres jeunesse spécifiquement dédiés pour ceux qui ne voient pas ou qui voient mal.

 

Pour en savoir un peu plus, nous allons remonter dans les années 80…..

Logo Benjamins Médias

 

Benjamins Media a été créé en 1987 sous l’impulsion de Régine Michel (que vous retrouverez dans d’autres projets liés à la lecture et aux enfants déficients visuels).  Son objectif était et est toujours de favoriser l’éveil de l’enfant au monde sonore, de relier l’oral et l’écrit.
Dès 1989, il est décidé d’associer au livre et à sa version audio, une version braille, une version agrandie ce qui permet une accessibilité complète pour les jeunes enfants qui peuvent ainsi découvrir l’écriture mais aussi pour les parents braillistes qui peuvent ainsi lire des livres jeunesse à leurs enfants voyants.
Au départ, la maison d’édition adapte des Belles histoires de Pomme d’Api, puis propose des créations dès 1998.
Aujourd’hui, tous les ans sortent 5 à 6 nouveaux albums…

Notre coup de coeur:

« Tout ou presque sur les bisous volants » d’Annie Agopian et Régis Lejonc avec des musiques de Bertrand Bonnefon, Thierry Cestac et Stéphane Erny.
Parce que des mots d’amour et des bisous de tendresse, il n’y en a jamais trop…
Site: https://www.benjamins-media.org/fr

 

Pour ensuite parvenir aux années 90…

Logo les doigts qui rêvent

En 1992, le premier livre avec des images à toucher ou images tactiles est créé par un enseignant qui se retrouve en poste dans une classe avec des enfants déficients visuels sans support pour les amener vers les livres. Dans cette classe, se trouve Amandine qui n’avait jamais lu de livre. C’est ainsi que naît « Au pays d’Amandine.. dine dine ». Pour tout savoir sur ce parcours, vous pouvez lire l’interview de Philippe Claudet sur le site de la maison d’édition.
Le besoin était là, les attentes aussi, une association se monte et prend le nom « Les doigts qui rêvent ». Au fur et à mesure des années qui passent, la maison d’édition se structure, se professionnalise, des nouveaux livres sortent… Chaque page comporte une image tact’illustré, le texte en noir, en grand caractère et en braille.
La maison d’édition propose aussi des publications théoriques à destination des adultes autour des cécités et malvoyances.

Notre coup de coeur:

« C’est moi le plus fort » de Mario Ramos.
Quand un loup part se promener dans les bois tout en se vantant, il va croiser plusieurs personnages issus des contes… Il permet aux enfants aveugles d’avoir les mêmes références en évoquant le petite chaperon rouge, les trois petit cochons, les sept nains… tout en découvrant des illustrations tactiles stylisées. Loin d’une approche « voyant centrée » une adaptation à découvrir!
Site: https://ldqr.org/

 

C’est ensuite au 3ème millénaire qu’apparaît…

Logo Mes mains en or

C’est aussi une maison d’édition associative qui voit le jour en 2010 sous l’impulsion d’une jeune maman dont la fille vient de perdre la vue.
Chaque année, l’équipe propose de nouveaux ouvrages qui comporte des images tactiles pour exercer son sens du toucher, du texte en braille ainsi que du texte en grand caractères. Une attention est aussi portée sur les contrastes des illustrations choisies.
Elle travaille désormais aussi à destination des enfants ayant une déficience intellectuelle et propose des textes en Facile à lire et à comprendre.

Notre coup de coeur:

« Merci le vent » d’après l’oeuvre d’Edouard Manceau.
Le vent a éparpillé des petits morceaux de « papier », qui sont là représentés par d’autres textures… Une poule, un poisson, un oiseau etc. vont se les approprier mais le vent va à nouveau faire des siennes, et ce sera à votre enfant de jouer à son tour.. Un livre qui fait explorer les formes et textures, à tester!
Site: https://mesmainsenor.com/

Nous aurons l’occasion de les croiser tous les trois à nouveau sur ce blog de façon régulière ! Merci à eux pour leur engagement et leurs innovations…

Emilie: des albums avec des grands caractères

Emilie: des albums avec des grands caractères

Connaissez vous Emilie ?

Couverture d'un album Emilie

Vous avez certainement déjà vu sa bouille toute ronde sous sa capuche rouge …

Le premier livre est sorti en 1975, écrit par Domitille de Presenssé. Cette héroïne est donc connue par plusieurs générations de parents. La série comporte désormais plus de 30 livres, l’autrice a redonné ces dernières années une deuxième vie à cette série.

 

 

Mais pourquoi évoquer ici ces albums ?

Taille police de caractère d'un album Emilie

Ils peuvent convenir à de nombreux enfants malvoyants… La police choisie et la taille de caractère les rend très accessibles…

 

Page d'un album Emilie

Les illustrations aux décors bien contrastées qui mettent en avant  les héros principaux et l’action sur fond blanc sans décors détaillés peuvent aussi convenir à de nombreux enfants.

 

 

Ce sont des livres qui peuvent convenir aux plus petits dès 2 ans car les histoires feront écho à leur quotidien, mais aussi aux premiers lecteurs qui apprécierons de pouvoir déchiffrer seuls…

En bonus, ces livres font parti de la littérature jeunesse classique et peuvent donc s’acheter dans n’importe quelle librairie de quartier!